Exposition
Manon De Pauw
De près. De loin. De Pauw.
Dans cette exposition, Manon De Pauw poursuit ses recherches sur l'image performée en réunissant photographie, projection, musique et performance. Puisant dans l'esthétique de l'imagerie médicale et scientifique, ainsi que dans l’histoire de la photographie, elle compose un parcours où le proche et le lointain, le visible et l'invisible, le savoir et la mémoire entrent en dialogue. Aux modalités rationnelles de visualisation du vivant, l’artiste ajoute une dimension poétique et sensible, en convoquant des récits autobiographiques. Elle nous invite, par divers jeux d’échelle, à réfléchir aux conditions du regard attentif, qu’il soit porté vers l’intérieur du corps ou vers l’immensité du cosmos.
Démarche
Le corps comme sujet agissant et présence manifeste de l’artiste à l’œuvre. La lumière comme objet d’étude, source d’affects et « matière » tangible à manipuler. Le vivant, que j’observe de près. Tels sont les sujets que j’aborde à travers une posture de plus en plus ancrée. Tout part de la notion d’image performée : j’ai conçu un dispositif qui me permet de manipuler, sur la surface d’une table lumineuse, des matières parfois fuyantes et difficiles à contrôler (acétates, eau, aquarelle et matières diverses). Dans une attitude de découverte intuitive et de bricolage low-tech, mon poste de travail est devenu un véritable laboratoire où les couleurs, les formes, mes propres mains, créent des scénographies vivantes et mouvantes. Cette plongée visuelle m’a menée vers la macrophotographie qui me permet d’aiguiser mon émerveillement.
Au fil des ans, je me suis forgé une place singulière en tant qu’artiste visuelle au sein des arts vivants. Avec des artistes en danse, en théâtre, en littérature et en musique, je n’ai cessé de sonder les possibilités et les limites de l’image performée en résonance avec les corps et les voix en mouvement, déplaçant mon atelier dans des studios, des salles de répétition et sur scène. En performance, mes manipulations s’articulent en complicité avec les interprètes et l’équipe de création. Elles se font tour à tour théâtre d’ombres, éléments scéniques, partition, source d’éclairage. Ces créations resurgissent par la suite à l’atelier, lorsque je me penche sur mon sujet d’étude. De nouvelles trouvailles émergent alors, qui nourriront le prochain cycle de création, qu’il s’agisse de photographie, de vidéo, d’installation ou d’art public.
Biographie
Manon De Pauw est professeure à l’École des arts visuels et médiatiques de l’UQAM, membre collaboratrice d’Hexagram et cofondatrice du Labo lumière [créations + recherches interdisciplinaires]. Ses œuvres photographiques et vidéographiques ont été exposées entre autres au Musée d’art contemporain de Montréal, au Musée national des beaux-arts du Québec, à la Galerie de l’UQAM, au Centro Nacional de las Artes à Mexico, au Musée des beaux-arts de la Nouvelle-Ecosse et au Centre culturel canadien à Paris. Elles ont été diffusées dans des festivals tels que le FIFA, le RVQC et le FIMAV. Outre ses projets individuels, sa pratique se déploie à travers de nombreuses collaborations, notamment avec la chorégraphe Danièle Desnoyers, les musicien.es Joane Hétu et Nicolas Bernier, le dramaturge Denis Lavalou et le poète Marc André Brouillette. Poursuivant ses recherches interdisciplinaires sur l’image performée et sur la matérialité de la lumière, elle a créé, avec le chorégraphe Pierre-Marc Ouellette, les performances La matière ordinaire (Usine C, 2014), Cocons somatiques (Agora de la danse, 2017), Danses kaléidoscopiques (VOX et Théâtre Gilles Vignealut, 2022). Son exposition Lueurs oniriques à la Galerie B-312 (2023) est également le fruit de leur collaboration.



