Exposition
Finissage
Commissaire
Plein sud a le plaisir de vous convier au finissage de l’exposition Configurations de Nicolas Grenier, le jeudi 26 mars, dès 18h, en présence de l'artiste et de la commissaire, Marianne Cloutier.
Vin bières Boldwin et popcorn gracieusement offerts
Entrée libre. Tout le monde est bienvenu !
Les premières œuvres de jeunesse de Nicolas Grenier furent surtout consacrées à des portraits intimistes et des scènes de genre aux atmosphères feutrées. La précision presqu’obsessive du rendu et les ambiances brumeuses qu’on y retrouve marqueront la suite de la production de l’artiste, qui sera tôt reconnu comme un des grands peintres de sa génération. Après quelques années seulement, Grenier délaissera ces sujets pour se tourner vers un art prospectif mêlant architecture et urbanisme. Les mêmes effets envoûtants, presque surnaturels, qui émanent du travail de la lumière et des couleurs s’y retrouveront et perdurent encore aujourd’hui : ils agissent comme capteur d’attention, saisissant le regard pour mieux nous entraîner dans le contenu conceptuel des œuvres. Ces effets visuels participent également des réflexions qui y sont posées. Ils invitent à considérer l’ensemble des nuances d’une idée ou les lentes transitions qui s’opèrent d’un paradigme à l’autre.
Configurations présente l’évolution de la pratique de Grenier au cours des quinze dernières années, à travers un corpus formé de dessins préparatoires, d’une sélection de plusieurs petites études et de quatre œuvres peintes. On y comprend l’influence marquante de ses années de formation au California Institute of the Arts à Los Angeles, du conceptualisme caractéristique de la côte ouest et de l’extrémisme des disparités sociales, typique de cette grande ville américaine. À la suite de son séjour étatsunien, son travail adopte une posture éminemment politique et se consacre aux structures d’organisation de nos vies, de nos sociétés et de nos villes. En analysant autant les systèmes économiques que leurs liens aux doctrines et aux idéologies politiques, Grenier pose un regard joyeusement cynique sur les relations de pouvoir à l’œuvre au sein même de ces différents systèmes, y compris celui du monde de l’art. Il illustre les manières dont ces configurations intègrent ou non certaines réalités, voire certains individus, et comment l’expérience du monde de chacun·e en dépend. Il démontre ainsi l’absurdité intrinsèque des fondements même de ces systèmes, souvent érigés sur des principes d’exclusion et les fragiles glissements qui peuvent s’opérer d’une idée à l’autre, d’une conviction à l’autre, d’un statut social à l’autre.
Démarche
Nicolas Grenier s’intéresse aux changements de paradigme, à la transformation de l'ordre social et aux dynamiques de pouvoir sous-jacentes. Son travail interroge les rapports entre les différents systèmes que nous habitons — politiques, économiques, culturels et technologiques — et les principes, croyances et idéologies dans lesquels ces systèmes prennent racine. Ses œuvres, principalement des peintures et installations architecturales mais aussi des performances, livres d’artiste et projets participatifs, transposent ces enjeux intangibles et abstraits dans le domaine visuel ou physique. Il utilise librement les langages de diverses traditions picturales, de l’architecture et du design de système pour imaginer des environnements, schémas ou modèles spéculatifs. Ceux-ci, émergeant souvent de manière instinctive après une longue période de recherche, sont ensuite développés avec une spécificité méthodologique rigoureuse, où s’ajoute un vocabulaire visuel atmosphérique et enveloppant. Ainsi, les éléments structurels ou indexicaux — diagrammes, textes, symboles, mécanismes — deviennent indissociables des éléments affectifs, tels que des dégradés, une lumière colorée, un glissement progressif d'une chose vers une autre. Cette oscillation entre les dimensions analytiques et poétiques vise à offrir une expérience contemplative, à ouvrir un espace multidimensionnel où des enjeux complexes peuvent se déployer avec la douceur d'une expérience perceptuelle : un symbole nationaliste se dissolvant dans un champ chromatique; une intelligence artificielle habitée par un corps émotif; une devise monétaire fondée sur le passage du temps.
Biographie
Nicolas Grenier (né en 1982, basé à Tiohtiá:ke / Montréal) est titulaire d'un baccalauréat de l'Université Concordia et d'une maîtrise du California Institute of the Arts. Son travail a été exposé, entre autres, au Musée d'art contemporain de Montréal, au Power Plant Contemporary Art Gallery (Toronto), l'Art Gallery of Alberta (Edmonton) et la Triennale d'art et d'architecture de Bruges (Belgique), ainsi qu’aux galeries Luis De Jesus Los Angeles, Bradley Ertaskiran (Montréal), Gagosian Gallery (Athènes), Denny Dimin Gallery (Hong Kong), Commonwealth & Council (Los Angeles) et Union Gallery (Londres). Ses œuvres sont collectionnées par le Musée national des beaux-arts du Québec, le Musée d'art contemporain de Montréal, la Banque Royale du Canada, la Caisse de Dépôt du Québec et la Banque Nationale du Canada. Nicolas Grenier a participé à des résidences à la Fundación/op.cit. (Mexico), au ZK/U Center for Arts and Urbanistics (Berlin), à la Skowhegan School of Painting and Sculpture (ME, É-U), au Saas-Fee Summer Institute of Art (Berlin) et au Banff Center. Il a remporté le Prix Pierre-Ayot de la Ville de Montréal (2016) et a été finaliste représentant le Québec au Sobey Art Award (2019). Il est représenté par les galeries Bradley Ertaskiran et Luis De Jesus Los Angeles.
Détentrice d’un doctorat en histoire de l’art, Marianne Cloutier est commissaire indépendante, autrice et enseignante basée à Tiöhtià’ke / Mooniyang/ Montréal. Elle s’intéresse aux multiples enjeux relatifs au vivant en art contemporain ainsi qu’aux croisements entre arts, sciences et technologies. Elle a travaillé comme commissaire pour la Chaire McConnell-Université de Montréal en recherche-création sur la réappropriation de la maternité et pour le projet Sociability of Sleep et signé diverses expositions à titre de commissaire indépendante. La plus récente est la 5e édition de Regarde! un projet qui réunit le travail de trente-cinq artistes autour du thème des utopies et dystopies du futur, dans un parcours extérieur de la rue Ontario, dans l’arrondissement Ville-Marie à Montréal. De juin 2023 à octobre 2024, elle a occupé le poste de conservatrice de l’art contemporain par intérim au Musée d’art de Joliette où elle a signé plusieurs expositions dont Biophilia (Zheng Bo, Montserrat Duran Muntadas, Jumana Manna, Katherine Melançon, Joshua Schwebel, Laurence Paul Yuxweluptun), Les intutitions de Julie Favreau, Fin de Mark Lewis et Miel du temps de Wendt + Dufaux. Depuis juillet 2025, elle est directrice artistique de la Fondation Grantham pour l’art et l’environnement.







